Une conférence sur le pluralisme des médias s’est tenue le 7 juillet dans le cadre du mené par la Faculté des Sciences Humaines, des Sciences de l’Éducation et des Sciences Sociales de l’Université du Luxembourg, en partenariat avec le Service des médias, de la connectivité et de la politique numérique du Ministère d’Etat (SMC). La Vice-Rectrice Recherche, Pr. Dr. Simone Niclou, ainsi qu’, Ministre de la Justice et Ministre déléguée auprès du Premier Ministre, chargée des Médias et de la Connectivité, ont ouvert la conférence par leurs discours.
L’événement a été ouvert par la Vice-Rectrice chargée de la Recherche, Pr. Dr. Simone Niclou, et par Elisabeth Margue, ministre de la Justice et ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Médias et de la Connectivité.
Le Projet Medialux met en lumière les atouts et les défis du paysage médiatique luxembourgeois
Le Luxembourg figure parmi les pays européens les plus performants en matière de liberté et de pluralisme des médias, selon le dernier « Media Pluralism Monitor 2026 ». Dirigée par le Dr. Raphaël Kies et le Dr. Stéphanie Lukasik, chercheurs à l’Université du Luxembourg et coordinateurs du projet Medialux, cette étude met en évidence un environnement médiatique résilient tout en identifiant les défis émergents liés à la concentration des médias, à l’intelligence artificielle et à l’évolution de l’écosystème de l’information numérique.
Un paysage médiatique résilient face à de nouveaux défis
Le « Media Pluralism Monitor », qui évalue les risques potentiels pesant sur la liberté et le pluralisme des médias dans les 27 États membres de l’UE et les cinq pays candidats, classe le Luxembourg à la 10e place sur 32 pays, avec un score global de risque moyen-faible de 43 %. L’évaluation examine quatre dimensions clés du paysage médiatique : la protection des droits fondamentaux, la pluralité du marché, l’indépendance politique et l’inclusion sociale.
Le Luxembourg obtient des résultats particulièrement satisfaisants en matière de protection fondamentale (27 %) et d’indépendance politique (33 %), ce qui reflète la solidité des garanties juridiques en faveur de la liberté d’expression, le soutien continu apporté aux médias de service public et les récentes initiatives législatives visant à renforcer la réglementation des médias et l’indépendance des organismes de régulation. L’inclusion sociale a été évaluée comme présentant un risque faible à moyen (44 %).
Le plus grand défi reste le pluralisme de marché, qui a reçu une note de risque élevé de 68 %. Le rapport souligne la forte concentration de la propriété des médias, la transparence limitée concernant les structures de propriété en dehors du secteur de la presse écrite et l’influence des intérêts commerciaux sur le contenu éditorial. Il souligne également l’importance de renforcer l’éducation aux medias et au journalisme à tous les niveaux y compris dans l’enseignement supérieur et la recherche, d’améliorer l’accès aux données d’audience et de surveiller de près l’impact des contenus générés par l’IA et des plateformes en ligne sur l’intégrité de l’information.
Les influenceurs politiques dans un écosystème de l’information en pleine évolution
Parallèlement au « Media Pluralism Monitor », le projet Medialux s’est également penché sur le rôle croissant des influenceurs au Luxembourg et au-delà. La doctorante Yifei Ding, a pu présenter des premiers résultats. Selon son étude, si les médias professionnels restent la principale source d’information, l’exposition aux influenceurs traitant de l’actualité est nettement plus élevée chez les jeunes : 62,6 % des personnes interrogées âgées de 18 à 24 ans sont en effet en contact avec ce type de contenu au moins occasionnellement.
Bien que seuls 8,8 % des personnes interrogées recherchent activement des informations politiques par le biais des influenceurs, ces résultats suggèrent que ces créateurs de contenu numérique deviennent des acteurs de plus en plus importants dans le paysage médiatique actuel. Dans le même temps, la confiance accordée aux influenceurs reste nettement inférieure à celle accordée aux médias professionnels, ce qui souligne l’importance d’une plus grande transparence et d’une meilleure éducation aux médias.
L’importance du pluralisme des médias dans la lutte contre la désinformation
La conférence s’est poursuivie avec une intervention du professeur Mark D. Cole, de la Faculté de Droit, d’Économie et de Finance (FDEF). Il a souligné l’importance du pluralisme des médias au Luxembourg, en mettant notamment l’accent sur les défis posés par la désinformation et l’intelligence artificielle. À cette occasion, il a présenté la commandée par la Chambre des députés et co-rédigée par le professeur Mark D. Cole, Donatella Casaburo, , Stephanie Lukasik de l’Université du Luxembourg et Maude Pauly, membre de la Cellule scientifique de la Chambre des Députés. Ce rapport s’intitule « Campagnes de désinformation : leur fonctionnement et les stratégies pour les combattre ». Le rapport aborde la vulnérabilité du Luxembourg face à la désinformation, qui découle de ses spécificités linguistiques, médiatiques et institutionnelles. Pour y remédier, une approche coordonnée s’appuyant sur des mesures juridiques, technologiques et sociétales est nécessaire, dans le but de renforcer l’intégrité de l’espace d’information et la résilience démocratique.
De la recherche au débat public
L’événement s’est conclu par une table ronde animée par le Dr Stephanie Lukasik, à laquelle ont participé Cindy Bauwens, Directrice de l’ALIA, Misch Pautsch, Président du Conseil de la presse et journaliste, Dennis Wernerus, Chef adjoint de la représentation de la Commission européenne au Luxembourg, Jean-Lou Siweck, Directeur général de Radio 100.7, et Carsten Ullrich, Chercheur à l’ULIDE, de l’Université du Luxembourg, afin d’échanger leurs points de vue sur la propriété des médias, l’indépendance éditoriale et les défis réglementaires posés par les plateformes numériques et l’intelligence artificielle.
En ouvrant la conférence, Madame la Ministre Elisabeth Margue, a souligné que la protection du pluralisme des médias était devenue un enjeu sociétal de premier ordre.
‟ La politique des médias ne consiste plus seulement à soutenir les médias ; il s’agit également de protéger l’ensemble de l’environnement de l’information et l’intégrité de l’information. ”
Ministre de la justice et Ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée des Médias et de la Connectivité
Elle a conclu en rappelant aux participants que la sauvegarde du pluralisme des médias est « un effort constant et un choix collectif ».
À cette occasion, elle a pu annoncer sa volonté de continuer le partenariat entre le Ministère d’État et l’Université du Luxembourg dans le domaine des études sur les médias, soulignant l’importance de ces études pour parvenir à la souveraineté numérique. Ce renouvellement s’inscrit dans la continuité des conférences organisées en collaboration avec l’université afin d’élaborer la nouvelle loi sur les médias.
Une conférence aura lieu en novembre pour célébrer les 50 ans de soutien à la presse, en présence du Premier ministre et en partenariat avec le projet Medialux de l’Université du Luxembourg.
Accédez à la présentation et au
Galerie de conférence